Traitement audio

Comment convertir de l’audio entre MP3, WAV, FLAC et AAC

Ce qui se passe réellement quand un fichier audio change de format, pourquoi chaque conversion a un prix, et ce qu’un navigateur peut ou ne peut pas faire pour vous.

Trois types de fichiers audio, pas deux

On a tendance à ranger l’audio en deux catégories, la bonne qualité et les petits fichiers, ce qui masque la distinction vraiment utile. Il en existe en réalité trois, et savoir laquelle vous avez entre les mains répond à la plupart des questions avant même que vous les posiez.

Un WAV n’est pas compressé. Il contient des échantillons PCM bruts, un nombre par canal à chaque tic de l’horloge d’échantillonnage, derrière un court en-tête RIFF. Rien n’est analysé, rien n’est jeté : sa taille relève donc de la pure arithmétique, fréquence d’échantillonnage fois profondeur de bits fois nombre de canaux.

Le FLAC est compressé, mais sans perte. Il prédit la direction que va prendre la forme d’onde, stocke l’écart entre sa prédiction et les échantillons réels, puis range le tout efficacement. Décodez un FLAC et vous récupérez exactement les échantillons de départ, bit pour bit. Il est nettement plus petit qu’un WAV, mais loin d’être aussi léger qu’un fichier avec perte.

Le MP3, l’AAC et le Vorbis (le codec qu’on trouve dans la plupart des fichiers .ogg) sont des formats avec perte. Ils passent le signal dans un modèle psychoacoustique pour décider quelles parties votre oreille ne remarquera pas, puis ne les stockent tout simplement pas. L’audio écarté est perdu pour de bon. Vous pouvez décoder un fichier avec perte en PCM, mais vous décodez alors ce que l’encodeur a choisi de garder, pas ce qui a été enregistré à l’origine.

Chaque conversion passe par la même étape intermédiaire

Il n’existe pas de chemin direct du MP3 vers l’AAC. Le MP3 est d’abord redécodé en échantillons PCM, puis l’encodeur AAC examine ces échantillons d’un œil neuf et décide lui-même de ce qu’il jette. C’est ce qu’on appelle le transcodage, et il vous coûte quelque chose à chaque fois, sans exception.

Les dégâts sont pires qu’il n’y paraît, car le second encodeur ne sait pas distinguer ce qui relève de la musique de ce qui relève des artefacts du premier. Il dépense des bits pour conserver les deux. Répétez l’opération assez souvent et le résultat s’entend : les cymbales se changent en souffle, les transitoires francs se retrouvent précédés d’un léger flou, et le haut du spectre disparaît sans bruit.

Il en découle une règle qui couvre la plupart des cas. Convertissez toujours à partir de la meilleure copie dont vous disposez, pas de celle que vous avez convertie la semaine dernière. Si vous avez le FLAC, faites l’AAC à partir du FLAC. Convertir un fichier avec perte en WAV ou en FLAC ne récupère rien non plus : les dégâts sont simplement rangés dans un conteneur plus gros.

Ce que fait réellement le convertisseur de ce site

L’outil confie votre fichier au décodeur du navigateur lui-même, c’est pourquoi il ouvre à peu près tout ce que votre navigateur sait lire : MP3, AAC, M4A, OGG, WAV, et FLAC si le navigateur le prend en charge. La suite dépend du format choisi.

  • Le WAV est écrit directement à partir des échantillons décodés, en PCM 16 bits.
  • Le MP3 est encodé par LAME à 192 kbit/s, dans un worker en arrière-plan pour que la page reste utilisable même avec un long fichier.
  • L’AAC est encodé à 192 kbit/s par l’encodeur audio intégré à votre navigateur, puis enregistré sous forme de flux .aac brut. Quelques applications attendent de l’AAC dans un conteneur .m4a et n’ouvriront pas ce fichier.
  • Pour l’OGG, le même encodeur intégré produit de l’Opus à 128 kbit/s. Opus est plus récent que le codec Vorbis que contiennent la plupart des anciens fichiers .ogg. Les navigateurs actuels et les lecteurs comme VLC le prennent en charge, mais certains vieux appareils de lecture ne comprennent que le Vorbis.
  • L’AAC et l’OGG dépendent de cet encodeur intégré : sur un navigateur qui n’en dispose pas, ces deux options sont désactivées au lieu de produire discrètement autre chose.

Ce qui change en cours de route

Quelques détails prennent les gens au dépourvu. Le convertisseur décode tout à 44,1 kHz, ou à 48 kHz pour l’OGG parce qu’Opus ne fonctionne qu’à cette fréquence : une source à 96 kHz est donc rééchantillonnée au passage. Les fichiers surround sont mixés en stéréo pour le MP3, l’AAC et l’OGG. Enfin, le WAV produit est écrit en 16 bits par échantillon, si bien qu’un master en 24 bits est tronqué. Rien de tout cela ne compte pour l’écoute. Tout cela compte si quelqu’un vous a demandé un format précis.

Les tags ne survivent pas du tout. Le décodeur renvoie des échantillons et rien d’autre : artiste, album, numéro de piste et pochette intégrée disparaissent tous. Attendez-vous à un fichier nu, avec un nom tout aussi nu.

La taille dépend du format. Le WAV suit l’arithmétique : du PCM stéréo à la fréquence du CD pèse environ 10 Mo par minute, et une chanson de quatre minutes approche donc les 40 Mo. Le MP3 et l’AAC à 192 kbit/s prennent environ 1,4 Mo par minute, l’OGG à 128 kbit/s un peu moins de 1 Mo. Pendant la conversion, les longs fichiers doivent aussi tenir en mémoire sous forme de nombres flottants 32 bits, et c’est là qu’un onglet de navigateur commence à peiner.

Ce à quoi il sert vraiment

À mettre un fichier récalcitrant sous une forme que n’importe quel logiciel d’édition ouvrira, sans rien installer. Tous les logiciels audio comprennent le WAV PCM. Si un collègue vous a envoyé un OGG que votre logiciel de montage refuse, ou s’il vous faut une simple forme d’onde à glisser sur la timeline d’une vidéo, trente secondes dans un onglet de navigateur valent mieux que vingt minutes à chercher un installateur et à cliquer sur tous ses écrans.

C’est aussi la bonne forme pour alimenter un outil de transcription ou un traitement de réduction de bruit : tous deux veulent une entrée non compressée et devraient de toute façon redécoder un MP3 à son arrivée.

Il est tout aussi utile dans l’autre sens : faire d’un mémo vocal ou d’une prise de répétition en WAV un MP3 assez léger pour être envoyé, sans installer d’encodeur au préalable.

Quand un encodeur sur ordinateur est le meilleur choix

Pour le FLAC, que cet outil ne produit pas, et pour tout ce qui demande un réglage que la page ne propose pas : un débit variable, une fréquence d’échantillonnage précise, une sortie en 24 bits ou un dossier entier d’un coup. ffmpeg fait tout cela en ligne de commande. Des lecteurs pour ordinateur comme foobar2000 intègrent ces mêmes encodeurs dans un convertisseur qui écrit aussi les tags, et c’est ce qu’il vous faut quand les fichiers partent dans une bibliothèque musicale plutôt que dans un logiciel d’édition.

Rien n’est envoyé

Votre audio n’atteint jamais un serveur. Le décodage comme l’encodage ont lieu dans la page que vous avez ouverte, si bien que les enregistrements inédits, le travail pour vos clients et vos mémos vocaux privés restent sur votre machine. Ouvrez l’onglet Réseau des outils de développement de votre navigateur et convertissez quelque chose. La première conversion en MP3 télécharge la bibliothèque de l’encodeur, et aucune requête ne transporte jamais votre fichier.

Essayez

Le convertisseur audio traite vos fichiers dans cet onglet et les convertit sans rien envoyer.

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